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TEMPS DE LECTURE : 5 MINUTESLes Casseurs Flowters plus cools que jamais

Orelsan et Gringe sont les Casseurs Flowters, premier album du duo de Caen, est sorti le 18 novembre dernier. Un disque-concept unique, décalé, qui retrace le quotidien, heure par heure, de deux potes inséparables.

Extrait du clip "Bloqué" des Casseurs Flowters

Après un comeback éphémère le temps d’un featuring sur Le Chant Des Sirènes, deuxième album solo d’Orelsan, le « retour du groupe de rap le moins productif » est définitivement acté. Orelsan et Gringe sont les Casseurs Flowters est le 1er opus des rappeurs caennais, – dont la collaboration a pourtant démarré il y a treize ans – moins connus sous leur état civil un peu franchouillard d’Aurélien Cotentin et Guillaume Tranchant.

Les compères sont donc finalement sortis de la glande qu’ils revendiquent comme mode de vie pour pondre un album signé sur le label 7th magnitude, fondé par le beatmaker/producteur Skread. Un disque dont les deux premiers extraits, les déroutants Bloqué et La Mort du Disque – avec son clip totalement frappé -, ont fait se poser cette question légitime : où les Casseurs veulent-ils en venir ?

Voilà donc le speech du disque des Casseurs : passer 24h dans leurs pompes de grands ados presque trentenaires, 24h partagées entre ennui, potes, putes, etc.

Heureusement, la réponse ne se fait pas attendre. Dès la première piste, « Casseurs Flowters Opening », on y voit un peu plus clair, tout en présageant un joyeux bazar, tant celle-ci peut se révéler WTF pour l’auditeur non averti. Et pour cause, les mordus de manga que sont Aurélien et Guillaume se sont inspirés des intros en V.O d’animés comme One Piece pour dévoiler leur programme, et, intrinsèquement, le concept de l’album : « Passe un jour avec eux sur la terre : ils font de la musique, ils trainent entre potes, et tous les jours de la semaine sont les mêmes ».

Voilà donc le speech du disque des Casseurs : passer 24h dans leurs pompes de grands ados presque trentenaires, 24h partagées entre ennui, potes, putes (on y reviendra plus tard), écriture d’un single et débauche alcoolisée dans les rues de Caen. Un planning qui peut sembler peu exaltant ; sentiment légitime au premier abord. Qui aurait envie de traîner avec des rappeurs un brin losers qui mènent une vie terne et chantent sur des thématiques pubères/post-pubères entre deux whisky-coca ? Sûrement pas grand monde.

Le speech de l’album : passer 24 heures dans les pompes des Casseurs

Mais c’est là toute la force de ce disque : pour peu attrayant qu’il soit, une fois entré dans l’univers de ces deux copains « plus stupides que la stupidité », (3ème track), difficile d’en sortir sans un énorme sourire aux lèvres. Un de ces sourires qui veulent dire à la fois : « Qu’est-ce que je me suis marré ! », mais aussi : « Enfin de la nouveauté dans un rap game saturé par les bouses de Maître Gims » !

Après les 67 minutes d’écoute du disque, difficile de qualifier cette première livraison avec un autre terme que celui – certes vu et revu – d’« ovni ». Plus qu’un album de rap, Orelsan et Gringe sont les Casseurs Flowters est construit comme un livre audio, véritable film où « l’intrigue » (les Casseurs réussiront-ils à vaincre leur fainéantise maladive pour enregistrer un single avant la fin de la journée ?) avance à mesure que les chansons et les minutes défilent.

Ainsi, chacune des 18 pistes que compte l’album est précédée d’une heure qui permet de suivre la journée des deux rappeurs. Par exemple : « 18h30-Bloqué ». Entre chaque chanson, des interludes sous forme de dialogue viennent cimenter l’album et servent de fil rouge dans le déroulement de la trame.

Un disque construit comme un livre audio

Une écoute hasardeuse ou partielle de l’album peut se révéler être une expérience décourageante : chaque titre en appelle un autre, faisant écho au précédent et au suivant à la fois. Le pari de faire un disque qui ne peut s’écouter et se comprendre que dans son intégralité s’avère toutefois payant tant, comme on l’a dit, on se surprend à aimer suivre ces deux potes.

On les avait quittés en 2011, avec Ils sont cools. On les retrouve en 2013, plus cools que jamais.

Et puis, on réalise vite que, pour une journée qui démarre par un réveil à 14h58 précises, il se passe pas mal de choses ! Des petites choses qui, mises bout à bout, ne font pas regretter d’avoir appuyé sur ‘lecture’ : dialogue improbable ponctué de rimes délectables – « Deux connards dans un abribus »,  rétrospective autobiographique sur la-vie-d‘avant-le-rap – « 17h04 – Prends des pièces », avec une instru à la Mario Bros -, dispute avec la petite amie qui se sent négligée – « 1h47 – Change de pote », discussion de comptoir autour de la prostitution – « 1h16 – Les putes et moi », rencontre avec un chanteur de R&B ringard à souhait – « 1h25 – Johnny Galoche », qui n’est pas sans rappeler ce bon vieux Jimmy Punchline , biture XXL et punchlines enivrées – « 3h53 – Manger c’est tricher » –, etc.

La journée des Casseurs prend fin à 6h16 ; l’heure des grandes discussions philosophiques de fin de soirée, avec Des histoires à raconter, un morceau plus personnel, mélancolique, où le groupe se définit comme « les ringards de demain », en clin d’oeil à Raelsan, dans lequel Orelsan prédisait « C’est nous le futur ! ». Fin de l’album, Aurélien et Guillaume vont se coucher. Ils peuvent dormir tranquilles, ils nous savent rassurés : on les avait quittés en 2011, avec Ils sont cools. On les retrouve en 2013, plus cools que jamais.

Article rédigé par Rémi Vallez

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